CRITIQUE DE SPECTACLE - TOULOUSE

Dernier édito du Clou




Dernier édito du Clou


publié le 15/10/2021





Après 14 saisons et 2 545 articles, le Clou dans la Planche pose définitivement ses plumes et referme son encrier.

C’est une décision difficile à prendre, mais le contexte sanitaire que nous vivons depuis un an et demi est venu remettre en cause beaucoup de choses d’un point de vue individuel et collectif. Malgré notre envie de couvrir les spectacles de la région toulousaine, le fonctionnement de l’association requiert aujourd’hui trop d’énergie. Nous remercions chaleureusement par ce message nos lecteur·rice·s, les compagnies, et les 42 plumes bénévoles (impossible de les citer toutes ici) qui ont fait partie du Clou durant toutes ces saisons.

Un grand merci également aux lieux qui nous ont ouvert leurs portes : ThéâtredelaCité, Théâtre Garonne, Théâtre du Pont Neuf, Théâtre du Grand Rond, Le Hangar, Le Fil à Plomb, Mix Art Myrys, La Cave Po’, Théâtre Sorano, Théâtre du Pavé, L’Escale, Le Ring, L’Usine, L’Espace Job, Jules Julien, Le Bijou, La Grainerie, Le Vent des Signes, Théâtre de la Violette, et tous les autres que nous n’avons pas la place de citer…

Pour ce qui concerne notre site web, nos articles resteront disponibles durant un à deux ans, le temps de réfléchir à un archivage adéquat.

Nous sommes infiniment reconnaissants à Jacques-Olivier Badia (fondateur du Clou), et Manon Ona (présidente durant 8 saisons) pour leur engagement au fil des années.

Nous souhaitons également bonne route à Agathe Raybaud, où qu’elle soit.

La ligne éditoriale qui a été la nôtre durant toutes ces années :

. N’écrire que sur ce que nous voyons, et en entier.
. Écrire sur tou·te·s, sans exclusive ou préjugé : il suffit que le spectacle soit ouvert au public pour entrer dans le champ de notre regard.
. Dès lors, considérer chacun pour ce qu’il est, en évitant autant que faire se peut les pièges de l’indulgence coupable ou de l’admiration béate.
. Argumenter, donner à voir et à savoir pour fonder le jugement.
. Respecter le travail et l’engagement de ceux qui font le spectacle vivant, puisque nous savons l’effort qui précède une seule heure de scène, puisque somme toute, seul leur travail justifie le nôtre.

En cette époque de zapping permanent, nous aurions pu éluder l’événement d’un haussement d’épaule, et passer à autre chose en silence. Nous effacer de la toile et des gradins sans un mot d’au revoir à toutes les personnes qui nous ont fait confiance. Il a été dit que le Clou ne sera pas enterré au cimetière des indigents. Une fin est un moment délicat, où il faut savoir arrêter la pendule en l’accompagnant avec la plus grande douceur. Faire face à cette fin avec dignité et élégance.

Peut-être que notre engagement passionné durant ces 14 saisons aura donné envie à de nouvelles énergies de faire naître d’autres projets de critique de spectacle vivant. Le plaisir d’écrire, de s’interroger, d’argumenter, de faire découvrir, de « passer à côté », de communiquer son enthousiasme ou sa déception autour de nouvelles créations. D’autres regards que les nôtres auront possiblement saisi la pertinence de cet espace de liberté. Donner à lire du vivant.

Merci de nous avoir suivis.

Marc Vionnet, pour l’équipe du Clou dans la Planche.

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15 octobre 2021