CRITIQUE DE SPECTACLE - TOULOUSE

Du Rififi dans la ruche// Théâtre de la Violette




POLLINISATION THÉÂTRALE


publié le 04/03/2018
(Théâtre de la Violette)





Voilà de quoi faire écho aux remous des derniers mois sur le glyphosate, les hésitations agricoles et la pression exercée par les géants de l’agrochimie, remous conduisant au surplace que l’on sait – allez savoir pourquoi, l’état d’urgence écologique et sanitaire, lui, se déclare toujours en trois ans. Parmi ses axes de production, Culture En Mouvements soutient la pertinence d’un théâtre éco-citoyen, orientant certaines de ses créations vers le champ très spécifique du spectacle éducatif. Plaire et instruire, n’est-ce pas le plus vieux de nos adages ?
A l’initiative et l’écriture du projet, Aurélien Zolli entend polliniser quelques réflexions environnementales, dans l’espoir, on l’imagine, de voir bourgeonner les consciences parmi les adultes d’aujourd’hui et surtout ceux de demain. Accessible dès cinq ans, Du rififi dans la ruche s’attache à une petite héroïne dont le rôle, dans l’équilibre naturel, est encore mal connu des plus jeunes. Et pas que.

Je vois la vie en jauuu-ne

La royale Saga a quitté sa ruche pour chercher de l’aide : ses courageuses ouvrières dépérissent. Excitation maximale : le détective Arthur Darwin et Mme Honey, son assistante, vont (enfin !) pouvoir résoudre autre chose que les énigmes léguées par les comptines – pourquoi la mère Michel a-t-elle perdu son chat ? pourquoi le facteur n’est-il pas passé ? Et désormais : comment enrayer la disparition des abeilles ? Trois personnages contrastés, voilà la recette pour éviter le cours de sciences naturelles. Le propos se dessine à la faveur de leurs réactions. Le fil de leur « enquête » les amène à décrire – et à chanter – le fonctionnement d’une ruche et les données naturelles ou humaines qui la menacent.
Un décor dessiné, ce n’est pas si courant. Les comédiens évoluent devant des panneaux bicolores conçus par le dessinateur GOM, dans un esprit à la fois illustratif et humoristique, qui assume totalement la part démonstrative du spectacle. Répétée par les costumes, la couleur jaune rappelle la palette franche de Morris et de ses Dalton, pour un plateau visuellement très dynamique. Côté interprétation, l’énergie n’est pas en rade. Elle serait même, à l’inverse des spectacles somnifères, à canaliser – simplement prendre garde à ne pas empiéter sur l’énergie de l’autre ni verser dans la gesticulation. Ce qui ravit le public, c’est que ce fluide circule entre la scène et les rangées : allant jusqu’au bout de leur démarche, les comédiens apostrophent les jeunes spectateurs, promus adjoint·e·s de l’enquête – ambiance garantie !

 

Manon Ona









Écrit par Aurélien Zolli
Mis en scène par Albin Warette
Interprété par Émeline Chemin, Kristina Dekens et Aurélien Zolli
Visuels et Décor : Gom
Musique : Émeline Chemin
Costumes et Décor : Aude Rayssac
Produit par Culture en Mouvements

4 mars 2018
Théâtre de la Violette