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Critique

Le Big Caddyman Festival de rue de Ramonville



Une séduction
impertinente



Publié le 13 Mai 2017


Il entre sur scène masqué, avec des sabres lasers ; il la quittera avec son chien sur les épaules. Entre les deux, Marc Prépus, alias le Big Caddyman, nous embarque pour un apéro concert intemporel, déjanté et impertinent. Un ovni jubilatoire.

Derrière le masque

Le caddy est sur scène quand on arrive. Ça dépasse et ça déborde. Le regard se perd entre les jouets, les instruments, les peluches... C'est, selon l'artiste « un caddy post-apocalyptique entre Mad Max et la ménagère de moins de 50 ans ». Autour, des tentures tigre et panthère sur les projecteurs, deux bustes de mannequin, un nid de poupées Barbies, un gros panda accroché au poteau, l'espace scénique est envahi. Impatients et curieux, les spectateurs attendent. Dans son manteau de fourrure synthétique vert d'eau et derrière un masque de catcheur, Marc Prépus débarque sous une projection de plumes roses et une musique satanique. Il présente son complice (Panda), déjà installé derrière la console, masqué lui aussi. Le décor avait déjà posé une ambiance, la présence du Big Caddyman "donne le ton" ; soyons honnête, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangés. Homme-orchestre échevelé, bordélique et azimuté, le Big Caddyman excelle dans la provocation et le hip-hop. Derrière le masque grinçant c'est généreux, engagé, technique, drôle et toujours un peu sur le fil...
Des paroles minimalistes, un background musical solide, Marc Prépus fait feu de tous les objets accumulés dans son caddy customisé. Il construit des boucles aussi bien avec sa voix qu'avec un « ordi-mini », une kalimba ou une barbie décapitée dans laquelle il siffle. Et ça fonctionne, le public accroche, se marre franchement et se prête, avec plus ou moins de talent et de conviction, aux orgasmiques tentatives musicales du musicien.
Sa mamie lui proposait des syllogismes – « Le ridicule ne tue pas. Ce qui ne tue pas rend plus fort. Le ridicule rend plus fort ». Alors Marc Prépus n'hésite pas, il y va franchement dans son discours, ses costumes et dans son jeu de scène. Scène qu'il étend au public ; il est dans la salle, on est avec lui. C'est une proximité, une façon de toucher, au propre comme au figuré. Son humour irrévérencieux à tendance trash, ses déclarations d'amour à Croute son chien, ses poupées didacto-pédagogiques, ses vérités crues qui font du bien à entendre... Une petite baffe qui remet, dans la bonne humeur, certaines choses à leur place. ||
Aurélie Guilbaud
Aurélie Guilbaud
 
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Renseignements pratiques
ChansonLe Big Caddymanavec Marc Prépus et Pierre « Panda » Lacour
Le 13 Mai 2017Festival de rue de RamonvilleRamonville- Saint-AgneAccès métro Ligne B, terminus. http://www.festivalramonville-arto.fr/