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Critique (archives)

Brassinsolite Le Fil à Plomb



Brassinsolent



Publié le 20 Mars 2013


A côté d'elle il paraît grand, à côté de lui elle semble petite, et d'ailleurs, flairant le burlesque de ce tandem à deux étages, de ce duo en podium, eux-mêmes le précisent : "Nicolas Dimier, 1m92, et Anne Bourgès, 1m49. Pour les petites salles elle se met devant, pour les grandes salles il se met devant." Ils se seraient choisis exprès que ce serait tout comme. Quant à la salle du Grand Rond, qui accueillait la première de Brassinsolite à l'heure de l'apéro, pour avoir le plafond bas, elle n'a jamais boudé ce guitariste d'échalas (Le duo parleur, Les sifakas), que les habitués retrouveront, ici, dans son musical et chansonnier élément – cependant, sa théâtrale comparse n'entend pas le laisser porter la pipe.
Elle tait son nom, mais la proposition vaut clairement comme déclaration d'amour à Brassens – à l'auteur de pamphlets comme au parolier et musicien, de préférence hors des bestofes : pour "Les Copains d'abord", vous repasserez après.
 

"Crétins sectaires" et "endroit qu'il me faut taire" *

Concernant le goût et le ton, on ne sera pas perdu. On reste entre de bonnes mains : l'escogriffe en qui couvent toujours blagues et chansons d'un flamboyant et séditieux mauvais goût, celui-là même qui défend amoureusement "La vieille" de Font et Val, ne pouvait que s'émouvoir devant celle du "Petit-fils d'Oedipe" - À bien des jeun's au pieu je fais encor' la nique - et autres compositions bien rangées, correctement alignées et parfaitement respectables. Quant à Anne Bourgès, sagement (et faussement) recueillie dans une attitude moins potache, cultivant une solennité décalée, elle n'est pas de reste quand il s'agit de relever tout le croustillant de certaines paroles ("Il n'a pas eu la chaude pisse", "Le bricoleur" - Ô n'insultez jamais une verge qui tombe ! dirait Georges en d"autres vers). Elle ne laissera pas non plus de briller musicalement, armée d'un pouêt-pouêt.

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Le propre des sourires signés Brassens, c'est de se mêli-mêler à quantité d'autres émotions, de s'imprégner d'idées - le vif entêtement libertaire, la chafouine férocité anticléricale (Bien sûr, il est normal que la foule révère / Ce héros qui jadis partit pour aller faire / L'alpiniste avant l'heure en haut du Golgotha) et antimilitariste qu'on lui connaît. Aspects qui n'étaient pas pour rebuter le tandem : les gradés en prennent pour leur grade, et pas en chanson, d'ailleurs. La curetaille, itou. Ce qui n'empêchera pas, au détour d'une énième provocation, de plonger sans défriser dans la part intimiste et touchante de l'oeuvre ("Le fidèle absolu" accroché à sa tige d'asperge), de ces titres à vous assagir un Nicolas Dimier le temps d'une chanson. N'est-ce pas cela, de toute façon, qu'aura laissé ce débusqueur de cons ? Une oeuvre multiple, un testament agitateur de neurones comme de cordes sensibles, tout feu tout sourire ?
Osons le mot : un hommage ? Un peu, oui, quand même. Mais en moins chiant. "Les morts sont tous de braves types" : lui surtout. ||
Manon Ona
Manon Ona
* "Quand les cons sont braves" et "Les radis", chansons hors album. 
logo du clou
Mona / Le Clou dans la Planche
Mona / Le Clou dans la Planche
Renseignements pratiques
ChansonBrassinsolite
D'après des textes et paroles de Georges Brassens
Avec Anne Bourgès et Nicolas Dimier
Du 25 Mai 2017 au 27 Mai 2017, à 21h8 et 12€Le Fil à Plomb30, rue de la Chaîne - 31000 ToulouseMétro ligne B - Station Compans CafarelliTél. 05 62 30 99 77 http://www.theatrelefilaplomb.fr // lefilaplomb@free.fr