Retour Accueil Actualité critique du spectacle vivant / Grand Toulouse

Options de recherche

 
Votre recherche : Par titre de spectacle Par genre de spectacle Par compagnie Par lieu Par metteur en scène/auteur/chorégraphe Par date Par durée Par prix
> Accueil > Critique [ Mystères et bouts d'chiffons - Ouvrir les portes secrètes

L'écho du brigadier

Critique

Mystères et bouts d'chiffons *****



Ouvrir les portes secrètes



Publié le 04 Janvier 2012


La compagnie des Mains des Pieds est de retour avec un spectacle jeune public, en la personne de Françoise Hérault et d'après un texte de Sandrine Ducasse. Si vous fréquentez le théâtre de la Violette ou celui du Chien blanc, vous vous rappellerez peut-être que cette compagnie y a dans le passé présenté Mira mirabelle ou encore Pirouette galipette, tandis que le tout public a pu découvrir leur Ouvrage de dames depuis une saison déjà. L'une de ces dames propose désormais aux enfants à partir de 3 ans (et point trop au-delà) ses Mystères et bouts d'chiffons, ou comment trouver les mots pour une histoire.

Commandes du bureau de l'imaginaire

Papotine est cerné de mystères comme de bouts de chiffons : quelle chance, voilà une dame entourée au quotidien par des créatures imaginaires, qui prennent l'allure d'amas de tissu. L'incarnation principale reste bien sûr Mystitrucmuche, petite chose de chiffon dont la particularité est d'avoir le sens des mots, sans pour autant être douée de parole. Elle envahit la maison de Papotine de ses couinements, de ses "ouille ouillu oho", s'infiltrant parmi des portes et des tiroirs.
Sonne le téléphone : c'est la Fée sans fil, la vilaine secrétaire du bureau de l'imaginaire. Pour Papotine, c'est la débandade, la panique à bord. V'là qu'on lui commande non seulement un menu des Beaux jours, mais en plus un conte pour enfants.
Comment va-t-elle trouver les mots pour toutes ces bonnes choses? Heureusement, Mystitruc veille, et ce roupilleur d'Igor va quand même l'aider à trouver des idées.

Magie des mots

Bref, un texte mignon tout plein qui prend les chemins de la féérie et de la découverte des mots sans pour autant s'y égarer – ce qui devient rare. Entendez par là que le conte se commet à peine – tout juste ce qu'il faut pour des bambins de 3 ans – dans le péché de pédagogie, tout en gardant le cap dans son petit univers imaginaire. Bref, la conteuse Sandrine Ducasse sait où elle va et a le sens du parcours. Un chouia trop long, toutefois, avec un certain décrochage du tout jeune public quand vient le moment tant désiré (en tout cas qui devrait l'être) où la fameuse histoire va jaillir – peut-être y aurait-il, pour la scène, à recentrer le jeu sur cette commande-là. Mais c'est ici détail et peaufinage qui revient aux compagnies de théâtre, et les qualités d'écriture sont bien là.
De même, des aspects de la création de François Hérault sont bien en place et d'autres restent à affiner. Le décor coloré où de petites portes et des tiroirs s'ouvrent, où une Fée dessinée invective de sa voix acariâtre la pauvre Papotine, est choubidou à souhait. On sent ici de ces envies d'univers cousus main qui apportent aux spectacles jeune public leur indispensable note de magie. Par contre, le choix des lumières est clairement à revoir et ne met pas en valeur le décor animé : ce n'est pas chaud ni chaleureux, c'est carrément orange, et les gélatines écrasent toutes les couleurs. Voilà pour le coup un détail auquel il est facile de remédier!
Plus embêtante, la question de la "manipulation" : la réalité des conditions de création demeure, n'empêche que les vives apparitions des marionnettes de chiffon (tout le bonheur du fameux "caché-coucou") gagneraient à ne pas suivre le personnage et que joué à deux le spectacle piquerait d'autant plus les enfants… Concernant le jeu, Françoise Hérault se révèle plus convaincante dans son rôle de dame excentrique qu'elle ne pouvait l'être en enfant dans Mira Mirabelle – attention aux passages chantés, toutefois. L'énergie est belle à voir, la panique contagieuse : et les enfants d'assister Papotine dans ses moments de désolation, en particulier pour retrouver la malicieuse Mystitruc, qui indubitablement remporte les suffrages.
Un joli conte, auquel le théâtre permet d'apporter sa touche visuelle. ||
Manon Ona
Manon Ona
 
logo du clou
Mona / Le Clou dans la Planche
Mona / Le Clou dans la Planche
Renseignements pratiques
Jeune publicMystères et bouts d'chiffonsUn texte de Sandrine Ducasse
Avec Françoise Hérault
Le 04 Janvier 2012Durée : 1h.*****