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Quand la magie
vous joue des tours

Les coups de baguette d’un magicien, pour les enfants
dès trois ans au théâtre de la Violette.

Face à un émerveillement certain et un non moins certain snobisme, les magiciens – ces artistes de la marge, il faut bien le dire, plus encore que leurs lointains cousins circassiens et leurs numéros – hantent parfois nos salles de leur petit univers en mouvement et réinvention continuelle. Peut-être que leur rare présence est à mettre sur le compte des grands cabarets et autres Patrick-sébastiennades, qui à force de paillettes, de strass, de roulements de tambour et d’applauses, ont donné à cette discipline artistique une vieille étiquette "variété française" qui ne met guère l’eau à la bouche…
Et pourtant l’espèce magicien ne s’est pas totalement éteinte et les enfants y trouvent toujours de quoi réjouir leurs mirettes, sans compter que les accompagnateurs plus âgés, Patrick Sébastien ou pas, savent encore lâcher quelques "ooooh" admiratifs. Il en faut peu, à vrai dire, quand on a une trentaine de tours en réserve : nul besoin d’assistance pour David Sauvage, que le Théâtre de la Violette accueille : "Ma vie en magie", ou quarante-cinq minutes de tours colorés en compagnie de ce monsieur qui, notons-le, propose le soir dans cette même salle son one-man-show "Pas fini" – pour le sourire toujours.
"Bah qu’est-ce que vous faites chez moi ?", demande le magicien à son jeune public, qui vient d’assister à son laborieux petit-déjeuner magique… Il faut dire qu’il se passe des choses étranges dans cette cuisine matinale : du paquet de céréales Caramel coated wheat sortent, en lieu et place des gourmandises attendues, une brosse à quenottes et un rasoir – eh bien quoi, cela peut toujours servir.
C’est pratique, une vie de magicien : si on n’aime pas les bananes, un coup de briquet et puis tout de suite les choses deviennent plus intéressantes, prennent magiquement la forme d’un muffin…


Ma vie en magie

Durant ce premier épisode de guéguerre matinale avec des objets aux fonctions improbables, le magicien ne parle pas : vaguement clown, s’agitant dans la musique, il évite par son jeu silencieux – de justesse, cela dit – un enchaînement froid de ses mille et un tours. La fin du spectacle revient à ce choix de la pantomime qui, pour esquissé qu’il soit, habille les performances du magicien : on voit se dessiner un personnage, un amoureux patientant après sa Madeleine sur une chanson de Brel, et le spectacle y trouve du liant.
Ce ne sont pas les paroles qui y pourvoiraient et le cœur du spectacle verse plutôt dans l’animation, avec invitations aux enfants à monter sur scène pour assister le magicien – ce qui ne les gêne absolument pas, du reste. Une formule moins originale, mais qui a son effet et permet de varier le rapport au public.
Ce petit monde vit de couleurs et de surgissements inattendus, avec de jolis instants de surprise – la brusque ouverture de petits parapluies au milieu de foulards multicolores, dans un éternuement vigoureux, ou encore l’explosion de fausses fleurs dans un claquement de doigts. Quelques tours familiers mais qui fonctionnent toujours : les jeux de cartes, les cordes à faux nœuds et autres passe-passe bluffants. De petits clins d’œil aux clichés du genre, en passant : une baguette chinoise en guise d’arme majeure, un lapinou minuscule qui apparaît dans le chapeau haut de forme du magicien – après tout, c’est d’école.
Parmi les fauteuils, sourires et examens attentifs : découverte joyeuse des métamorphoses possibles, quand la matière se transforme et se duplique dans de brillants jeux de mains. Une présence rare sur nos scènes peut-être, mais ce n’est en tout cas pas faute de séduction. II

Manon Ona

Ma vie en magie
Perplexité du magicien à son tour. (Photos Djeyo / Le Clou dans la Planche)










Spectacle de magie - de 3 à 10 ans
Ma vie en magie
De et avec David Sauvage.
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Ma vie en magie