Actualité critique du spectacle vivant / Grand Toulouse
Lunaire plénitude (suite)
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Côté public, composé pour moitié de supporters des artistes, pour moitié d’esprits curieux et cultivés, c’est l’occasion de retrouver des valeurs sûres tel que le poète Serge Pey, venu pour le Printemps des Poètes, mais aussi de découvrir de petites perles… A l’applaudimètre, Loïc Chellet, un grand marmot de 24 ans, a décroché la timbale. Son stand up sonore, appelé beat box (boîte à rythme) outre-atlantique, a visiblement passé le test de séduction. "Moi, je suis éduc spé dans la vie", explique-t-il hilare. "Mais depuis les bancs de l’école, j’aime faire des sons avec ma bouche, alors tout naturellement je suis venu à cette discipline, connue en Amérique mais très peu à Toulouse. La Cave Po me permet de la faire découvrir…"
La diversité la plus absolue des arts et des artistes, voilà le grand secret de ces soirées. "Où voyez-vous en même temps autant de profils différents ?" signale Nadège Vidal, en charge des relations publiques, même si elle reconnaît aussitôt le caractère grandement aléatoire de la programmation. "Mais c’est un risque à prendre !" ajoute-t-elle. Ainsi l’avait souhaité René, qui rêvait de voir professionnels et amateurs s’exprimer ensemble sans aucune hiérarchie.
La Cave est comble !
Aussi aurait-il été satisfait de rencontrer Vespertillio, un sympathique duo d’accordéonistes. Corinne Dubarry est intermittente. Arnaud Courcelles, lui, mène des études de médecine. "Nous nous sommes rencontrés dans une école de musique et depuis, nous avons envie de jouer ensemble", raconte Corinne avant de se ruer sur scène avec son Weltmeister. Quelques instants plus tard, le verdict populaire tombe : "C’était vraiment sympa", commente un spectateur. "Quand j’ai vu arriver les instruments, j’avoue que j’ai eu un peu peur, mais leurs compositions sont modernes, baroques, étonnantes. Je n’savais même pas qu’on pouvait tirer ces sons là de ces machines… Et puis ils sont bourrés de charme. Ils ont inventé l’accordéon-glamour !"
Bientôt le dernier volontaire tire sa révérence. Martin le régisseur finit de ranger accessoires, chaises et autre micro-pied. Pierre Marty conclut la soirée, manifestement heureux de son déroulement… Quelques retardataires se vident un dernier verre au bar. La cloche de Saint-Sernin sonne on ne sait plus trop combien de coups… "Encore une fois, la salle était comble", conclut-on au fond du couloir. II
Bénédicte Soula
Ambiance couloir et loges avant, pendant et après avec Miloud Chabane (à gauche, un café à la main), Beat Box Chellet (ci-dessous), Ijavel et Vespertillio, en bas.
(Photos Djeyo / Le Clou dans la Planche)
Prochaines Nuits de la Pleine Lune le 9 avril à 21h30, les 9 mai et 7 juin à 20h30.
Cave Poésie René Gouzenne, 71 rue du Taur à Toulouse.
Tel. 05 61 23 62 00. www.cave-poesie.com