accueil/critiquesà veniragendaaccueil à côtésliens

Un duo dynamite

Le duo est féminin, hispano-slave et énergique :
Maka, venu mettre l'ambiance au théâtre du Grand Rond
à l'heure de l'apéro.

Deux femmes montées sur starting-blocks, deux voix d’une puissance à vous décoiffer le brushing, quelques percussions, une guitare, un violon et voilà que Maka, duo, débarque au théâtre du Grand Rond pour une semaine bourrée d’énergie.

Des univers entrecroisés
Les univers s’entrecroisent, s’envolent, mais jamais ne s’installent définitivement. Ce sont les voix de deux adeptes du voyage dont les origines déjà métissées, espagnole pour Joanna Torres (guitare, chant, percussions) et russe pour ce qui concerne Elsa Keïta (violon, chant, percussions), atterrissent tour à tour dans des contrées inattendues. Partant du traditionnel flamenco, c’est plus au Sud qu’une autre chanson nous emmène, de çà, de là, du rythme burkinabé au latino brésilien.
Sentant tout de même l’héritage de la chanson française, les textes possèdent ce genre de paroles plus ou moins existentielles, gentiment contestataires, que présentent malheureusement un peu trop de musiciens chanteurs à l’heure actuelle. On remarquera a contrario que la diversité des langues utilisées possède une originalité non contradictoire.
Chance ou déveine, simple péripétie en tout cas, le féminisme manifeste des deux jeunes femmes, que l’on ne saurait contrarier, s’est vu confirmé ce soir-là par "l’aimable intervention" d’une créature de sexe opposé dont le sens du rythme "irréprochable" n'est d’habitude observable que le samedi soir aux abords des lieux d'imprégnation tourneboulante. Passons.
Mais c’est l’investissement, la sympathie, la folie douce de ce duo qui entraîne un public relativement jeune à échanger un moment de musique, éloignant le clivage qu’entraîne la scène, quoique absente.


Maka 3

Une nouvelle essence musicale

Peu d’instruments sont présents et pourtant, que ce soit Elsa ou Joanna, chaque son sortant d’un càgon ou d’une guitare possède une intention particulière, celle d’une utilisation originale des timbres, notamment en ce qui concerne le violon et les voix, d’une volonté émotionnelle lors d’une improvisation. Sur des successions d’accords maintes fois réitérées, elles arrivent à donner une nouvelle essence musicale à l'ensemble par des arrangements à deux voix plutôt intéressants, d’une justesse remarquable, avec de nombreux emprunts aux techniques vocales africaines et espagnoles que vient affrioler un humour décapant et, au risque de l'évidence, hilarant.
On regretta fugacement un timing trop serré, les obligeant à déballer presto leur répertoire, mais le sourire et les yeux brillants de partage font oublier le temps trop court passé en leur compagnie. Concluons : un duo sans complexe au caractère affirmé, aimant le dialogue, l’interaction, et recréant la chaleureuse atmosphère d’une famille au multiples extensions, celle de la danse et du chant autour de diverses cultures plus ou moins connues. II

Quentin Daniel

Maka
Les métissages de Maka. (Photos Baptiste Hamousin / CdlP)








Concert - musiques métissées
Maka
Avec : Joanna Torres (guitare, chant, percussions)
et Elsa Keïta (violon, chant, percussions).
galerie d'imagesportrait (vide)interview (vide)
Maka 2