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La petite Liz

Liz est nantaise. Liz chante, au Bijou en l'occurrence.
Liz a un petit frère (pour de faux ?) et une grande soeur
(pour de vrai). Et c'est tout.

Elle est mignonne, la petite Liz, fait preuve d’ironie la petite Liz – Liz soeur de Jeanne, cadette des Cherhal, au Bijou ce soir encore (nous sommes vendredi). Son petit frère lui fait des misères, ses amants, c’est pas Paname et en plus de ça, elle aime un homme chrysanthème. Dépitée, Liz se met donc à faire des chansons. Pourquoi ? C’est marrant et ça rapporte de l’argent, et puis ça fait chanter les cons. Cette image de petite fille en jupe parle de tout, de rien. Une jeunesse différente peut-être ? Celle où les autres enfants n’ont aucune pitié, celle où l’on prie le dimanche pour que la banalité de la semaine ne reprenne pas son train. Malheureusement, on prie aussi dans certains cas pour que la fin d’un morceau n’enchaîne pas sur le début d’un autre...

L’accordéon possède un clavier gauche à votre droite (public) et un clavier droit à votre gauche. Le clavier gauche à votre droite possède des touches ayant la capacité d’émettre des accords. Les accords majeurs, plutôt joyeux, les accords mineurs assez tristes, puis les accords diminués lorsque l’on est trop vieux. Bref instant pédagogique remontant à l’éveil musical, qui entretient l’image que se donne Liz : touchante car un peu bétouille, marrante et conviviale.
Une image agréable, souriante si, passé le désir meurtrier que Liz entretient à l'égard de son microbe de petit frère, ce dernier laissait place à la profondeur de ses chansons "tristes" (NB : penser à l’accordéon, celui aux deux claviers). Mais les panneaux blancs, ceux des routes, symbolisent un mort qui avait probablement dix-huit ans, et un autre vingt-trois. "Ils auraient voulu vivre et puis non."


Liz Cherhal

Amants, guinguette et patata
Après cette paraphrase inspirée, l’expression du coq à l’âne amène à l’inépuisable amour, sujet rendu doucereusement acide. Certains hommes représentent l’amour-compassion qui s’en va lorsque la tristesse n’est plus d’actualité, d’autres l’amant des beaux jours, ça pleure, il fuit, sans oublier les hommes à l’amour charnel. Résumé de la situation, "en amour, je comprends que dalle", mais où se trouve le prince charmant ? On appréciera tout de même l’innovation de la chanson sur l’amant muet qui, au final, prouve bien que l’on ne peut pas tout se dire avec les yeux.
Trêve d’ironie, la voix de Liz est plutôt sympathique. Musicalement, c’est de la bonne guinguette poussiéreuse des villages, saupoudrée de swing manouche. Côté texte et malgré la qualité des musiciens, les paroles, déjà pauvres en sens, ne sont pas franchement relevées par des mélodies aguicheuses. Les interventions entre les morceaux sont intéressantes pour le partage avec le public, mais longues. On sent tout de même le désir d’interaction, de vivre un moment joyeux ensemble. Mais il faudrait savoir si Liz s’adresse au jeune public ou souhaite satisfaire un auditoire plus éclectique, car la valse d’un monde à l’autre se fait sans réelle transition.
Bref, un groupe qui n’a pas franchement l’étincelle de l’écriture ou celle de la musicalité. Mais toute chose évolue... II

Quentin Daniel

Liz Cherhal
Être enfant dans la monde de Johnny. (Photos DR)









Chanson

Liz

Avec Liz Cherhal (chant, accordéon) et Cédric Cartier (guitare).
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Liz Cherhal