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Vacances
à Problèmes-sur-Mer

Les courbes d’une baby sitter sèment la zizanie
au café-théâtre des 3T jusqu'à la fin du mois de février.

Les amateurs de café-théâtre reconnaîtront en Carole Greep l’auteure d’une pièce à franc succès : après le très goûté J’aime beaucoup ce que vous faites, la bousculeuse de relations humaines concentre ses foudres sur les relations familiales dans La bombe.
Un titre sans détour, n’est-ce-pas – tout un programme, si l’on veut bien considérer que la bombe en question est une baby sitter… Quatre comédiens pour cet entrelacs humoristique de désir, d’interdit et de conflits conjugaux, avec aux commandes le familier Gérard Pinter.


"Chui contente d’être en vacaaances", geint Caroline dans un sanglot. Faites des gosses, qu’il disait… Trois mioches plus loin, Caroline craque : grande berge décharnée, bouée scotchée aux fesses, là voilà qui raconte à tout va son épisiotomie et ses conséquences désastreuses sur 1. son pouvoir séducteur, 2. sa vie sexuelle. Madame a le "cul en chou-fleur" et redoute l’infidélité de monsieur ; de fait, si on compte les deux ans de déprimes postnatales, madame et monsieur ne se sont guère connu en six ans que pour relancer la couveuse.
Caroline craque mais garde espoir : ces vacances en Corse avec l’arrivée imminente d’une baby sitter… L’occasion ou jamais de remettre le courant, de réparer les fusibles de la pauvre machine conjugale. Bon certes, il faudra compter avec Alban, l’ami-scotch, qui se remet pour sa part d’une séparation et du décès de son lévrier nain.
Ne manquent plus, pour compléter la galerie, qu’une hotissime baby sitter et un frétillant mari en chemise hawaïenne – Stéphane, parfait candidat pour le sardinage au soleil et les gambettes dans les vagues quand sa moitié, elle, doit gérer son retour de couches. Sam, barbie so british, arrive au bras de ce dernier, telle une "pâtisserie ambulante" invitant ces messieurs à donner coups de dent…

La bombe

Tous les ingrédients sont là pour un quatuor hystérique et phéromonal. Aucune surprise dans le choix de l’intrigue et des personnages, mais après tout ce n’est pas forcément ce qu’on y cherche. Au contraire, un comique fondé sur des personnages types : la mégère apprivoisable, le libidineux en proie au remords, l’ami boulet qui vient jouer les parasites et la jeune première relookée en fille au pair – à croquer, comme il se doit.
Fondu dans une forme énergique, toute cela fonctionne : quelques astuces dramaturgiques (le babyphone) et réparties soignées se détachent, mais c’est surtout un comique de situation qui amène le rire aux lèvres. Il faut dire que la vue de ces deux larrons post-trentenaires marchant au pas derrière les interminables jambes de Sam est particulièrement truculente.
Les comédiens jouent à bride abattue leur course de satyres en proie à un incontrôlable désir, tandis que les airs de sainte Nitouche de cette demoiselle et la hargne de madame font bon poids.
Un texte qui ne révolutionnera pas le café-théâtre, mais qui fait mouche grâce à des répliques bien senties et l’énergie remarquable de ces quatre interprètes. II

Manon Ona

La bombe
Ah les belles vacances ! (Photos Mona / Le Clou dans la Planche)







Comédie

La bombe

De Carole Greep.
Mise en scène : Gérard Pinter.


Durée 1h20.
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La bombe