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Jeunesse de la danse

Le Centre de développement chorégraphique
présentait dernièrement l'édition 2010
du festival C'est de la Danse Contemporaine.
"La danse, n'est-elle pas la marche dans son apothéose ; marche noble,
dépouillée d'un but utilitaire, et libre comme un jeu d'enfant ?
"
Anne Hébert, Le Torrent

Le festival C’est de la danse contemporaine se prépare à commencer. Bientôt de partout, troupes et compagnies, chorégraphes et danseurs vont investir les scènes toulousaines, les faunes vont être lâchés dans l’arène, les douze théâtres de la province vont se changer en "cages où l’on apprend l’oiseau", pour citer une formule de Claude Nougaro, et tout ici va prendre corps, va prendre place, va prendre formes.
Regardant arriver l’échéance de toute la hauteur de son enthousiasme, la grande prêtresse du Centre de développement chorégraphique, Annie Bozzini, a d’ores et déjà fait part de son oracle : la programmation attendue, dit-elle, est à la fois un hymne à la jeunesse et une ouverture aux histoires du monde, aux récits et aux mises en formes venus des horizons les plus lointains. Pour le détail, les augures ne sont pas encore si lisibles. De nombreuses créations sont work in progress, comme on dit, d’autres sont jalousement gardées au secret par des chorégraphes sachant ménager leur suspens ; d’autres encore, dans la même veine, appliquent l’adage fameux de Maurice Béjart : "La danse, un minimum d'explication, un minimum d'anecdotes et un maximum de sensations."


De ce qu’on sait, donc, la jeunesse sera de tout l’épicentre. Elle sera présentée d’abord dans sa plus pure quintessence, à savoir l’enfance. Tims Etchells, le charismatique écrivain-performer-directeur artistique du collectif notoire Forced Entertainment, réunira en effet sur les planches du Théâtre Garonne une palanquée de seize galapiats âgés de 8 à 13 ans – initiative ô combien rare en danse contemporaine, avec pour objet d’étude la discipline ou l’éducation que nous imposons aux puînés. Ce spectacle est imaginé, nous dit-on, "comme une charmante confrontation qui, en déjouant les attentes, invite à réfléchir sur notre comportement, nos méthodes et nos motivations envers la jeunesse." Bien, bien. Cette dialectique du maître et de l’élève revisitée à la sauce belgo-britannique (les enfants viennent de Gand) engage fort bien la suite des festivités. (The Night follows Day, ci-dessous, du 21 au 23 janvier, à 20h30 au Théâtre Garonne).

Etchells

Jeunesse pubescente ensuite avec le Sucre du Printemps, pour lequel vingt-sept teenagers ont été désignés par le tandem chorégraphique et plasticien Marion Muzac et Rachel Garcia pour s’attaquer au monumental Sacre du Printemps d’Igor Stravinski et Vaslav Nijinski.
De ce parangon de danse avant-gardiste, créé en 1913, la troupe propose une réécriture fortement ancrée dans notre époque à partir des matériaux de danses actuelles propres aux jeunes. "L’œuvre originale", lit-on dans le catalogue du CDC, "évoque de manière originale l’essentiel des préoccupations qui agitent l’adolescence… " Parmi les interprètes : Ayoub Mjouti, que l’on peut voir sur l’affiche du festival effectuant le fameux saut de Nijinski dans le Sacre ; un joli bond que l’éphèbe russe, enfermé en hôpital psychiatrique pour cause de schizophrénie et complètement atone, refit quelques temps avant sa mort devant un visiteur ébaubi. (Le Sucre du Printemps, les 1er et 2 février à 20h30 au Nouveau Théâtre Jules-Julien).

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Wen Hui
Memory, de Wen Hui (ci-dessus), Là, on y danse d'Hervé Robbe, en bas.
Au centre, That Night Follows Day de Tim Etchells. (Photos DR)







Danse
Festival C'est de la Danse Contemporaine

Du 21 janvier au 12 février 2010,
dans Toulouse et la région Midi-Pyrénées.
Tel. 05 61 59 98 78. www.cdctoulouse.com
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Hervé Robbe