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Comme un chien
dans un jeu de couples

Fil à Plomb et Périscope s'unissent dans l'apitoiement canin pour présenter Désolés pour le chien,
une comédie de Manu Causse et Emmanuelle Urien.

Cinq Cinq et le Fil à Plomb présentent Désolés pour le chien, une comédie à quatre mains d’Emmanuelle Urien et Manu Causse. Ces deux jeunes auteurs toulousains ne sont pas des inconnus pour le public puisque Manu Causse a déjà écrit Tonton Maurice est toujours mort, une comédie jouée avec succès dans plusieurs salles de la ville et de la région. Emmanuelle Urien, quant à elle, vient de publier chez Gallimard un roman intitulé Tu devrais voir quelqu’un, après de nombreux recueils de nouvelles. La pièce est de retour au Fil à Plomb.

Amours et grincements de dents
Les enfants casés chez leur grand-mère, Anna et Benoît en profitent pour inviter leurs amis. Couple heureux, ils ont aussi un chien et un grand appartement. Le problème du chien, c’est qu’il est incontinent. Celui de l’appartement, c’est son couloir long et indiscret d’où s’entendent toutes les conversations du salon. Macho et prétentieux, c’est ainsi qu’Eric, ami de son mari, est perçu par Anna. Quand à Benoît, il qualifie Caro, comédienne et amie de sa femme, de belle idiote plutôt évaporée. Les opinions des uns sur les autres étant connues, les hostilités sont ouvertes et tout ce beau monde croise le fer avec humour et grincements de dents.
Eric, dentiste de son état et plaqué par sa femme, drague celles des autres en leur parlant de leurs amalgames dentaires. Caro, libre et sexy, attise la convoitise des hommes, mais leur sert des railleries bien frappées. Arrive Dino, dernier amant en date de Caro et qu’on n’attendait pas. Désinvolte et atypique, il se contente de vivre sans rentrer dans la moindre catégorie socioprofessionnelle, au grand dam de Benoît, contrôleur de gestion maniaque du classement, et d'Eric, dentiste à l’affût des bouches en péril.
Caro et Dino exposent à leurs amis interloqués leur théorie du couple open. Dino aime-il Caro ? Sans doute, puisqu’il aime tout le monde tout en refusant l’exclusivité d’un seul amour. A l’en croire, les gens amoureux sont des gens malades. Mais le chien, non content d’être sorti toutes les vingt minutes va, avec la complicité de la voisine du dessus, dépressive et végétarienne, perturber le bon déroulement de la soirée. Après le dîner, la donne a complètement changé, les couples s’interrogent et le plus libre n’est peut-être pas celui qu’on croit.

Désolés pour le chien 3


Ce chien qu’on ne voit jamais
Bien sûr ce chien, véritable Arlésienne, est le catalyseur des évènements qui s’enchaînent tout au long de la pièce dont il occupe aussi le titre. Au cours de cette soirée bousculée, les convenances vont être abandonnées au profit des sentiments véritables. Sur scène, décor classique d’un salon, lieu propice au déroulement de la plupart des comédies. Les cinq comédiens évoluent sur une mise en scène efficace et précise, mais sans grandes fantaisies, de Laurent Deville. Les garçons ( Abderazzeck M’Hamedi, Badradine Reguieg et Antonio Scarano) ont besoin de polir et d’assouplir un jeu pas toujours convaincant, d’en bannir les quelques imperfections dues, peut-être, au trac d’une première. Quant aux filles (Louise Boudevin, Laetitia Boss remplaçant Florence Lavergne), elles assurent parfaitement leurs rôles avec fraîcheur et spontanéité.
Cette comédie satirique et burlesque de la vie de couple est servie par un texte de bonne facture. Et le public ne se fait pas prier pour rire aux piques et repiques qui volent et caracolent. Une comédie qui a du chien ! II

Régine Bernot

Désolés pour le chien
Quand le chien n'est pas là... (Photos Guy Bernot / Archives CdlP)


(Article paru le 13 mars 2009)






Théâtre
Désolés pour le chien
De Manu Causse et Emmanuelle Urien /
Cies Fil à Plomb et Le Périscope.
Mise en scène : Laurent Deville.
Avec : Louise Boudevin, Laetitia Boss, Abderrazzeck M'Hamedi, Badradine Reguieg et Antonio Scarano/Laurent Deville.
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Désolés pour le chien 2