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Premier éclat de météorite

Le Vent des Signes présentait, jeudi, un premier extrait
d'une création de danse contemporaine : "Ciel-400-Kilo".

Ils reviendront, fin janvier, pour présenter leur création achevée en ce théâtre qui propose de longues résidences : pour l’heure, à trois semaines de travail seulement, Le Goff and Cie présente en collaboration avec la Cie Process un travail s’inscrivant dans le festival international C’est de la Danse Contemporaine, "Ciel-400-Kilo".
Un mot peut-être sur cette manifestation à venir : quelques-unes de nos salles, et en particulier le théâtre Garonne et le TNT, accueillent jusqu’à mi-février des chorégraphes de tous horizons (Chine, Russie, Afrique du Sud, Nouvelle Zélande…). Encore un des ces festivals qui, à l’initiative d’une structure (le CDC ici), prennent finalement pied au cœur de Toulouse, grâce à de nombreux partenariats (lire aussi l'article de Bénédicte Soula). Premier éclat de météore, donc : Mathieu Cottin et Christian Le Goff, pour quinze minutes de présentation quelques semaines avant le début des hostilités.


"Les étoiles - enculé - étoiles - enculé - eh toi l’enculé…"
Non il ne s’agit pas d’un spectacle grossier, mais cette minuscule guerre des mots était trop surprenante pour que le Clou l’omette au nom de la pudeur. On constatera tout de suite que les danseurs parlent. Une contradiction ? Et si l’on fait remarquer qu’à première vue il y aura moins de musique que de répliques échangées : une surprise ? C’est de la danse contemporaine, vous a-t-on dit. Les limites de l’art y ont été éprouvées depuis bien longtemps, passons.
Plus intéressant, le traitement de cette parole dans le champ du corps. Revenons au début du spectacle, quand il s’agit encore, dans l’imagination du spectateur, d’un espace sans parole : les danseurs se meuvent muettement sur le revêtement qu’ils malmènent, au milieu d’accessoires dont le rôle est nié – un téléphone débranché, des chaises vides…
Ils s’imposent peu à peu comme les corps attendus – à leur manière bien sûr, nous y reviendrons – puis la limite du physique et du verbal s’estompe : avalanche de répliques qui nous catapultent entre deux cerveaux emballés.

Ciel 400 Kilo

"Qu’est-ce que l’identité psychique… ?" (Le Goff)
Vaste sujet, mais allons-y. Que la scène se prête à une telle réflexion, la chose est certaine et d’ailleurs la preuve : quand l’un demande si son père travaille pour iDTGV et que l’autre rebondit en parlant d’IVG, nous nous laissons avec plaisir promener dans le délire verbal des associations langagières. Les chorégraphes font ensuite, lors du bord de scène, des références au Surréalisme, à la libre association : le principe serait aussi au cœur de leurs mouvements, habitués qu’ils sont à travailler dans l’improvisation, à partir de ce que propose l’autre.
Et justement, cet autre présent sur scène reste constitué en tant qu’autre : des phases d’immobilité pour la contemplation de ce corps étranger. Des courses pour l’espoir de le rejoindre. Des fuites. Des face-à-face : l’autre se mime-t-il ?
Bref, on le voit, tout ceci s’entend et peut donner à un spectacle sa cohérence. Si maintenant on se penche sur le titre, les choses se compliquent. "Le rapport de la terre avec le cosmos, peut-être", nous propose-t-on. Une sorte de météorite. L’expression du fini (la masse) et de l’infini (le ciel). Une contradiction.
Bien. Avec ça la couture n’est pas faite et ce sujet semble faire davantage l’objet d’un discours que d’une mise en œuvre réelle dans le spectacle. Mais s’il s’agissait de trouver les mots pour faire une couture artificielle entre ces idées, on pourrait rappeler que le principe de contradiction est au cœur du Surréalisme… Il en faudrait peu pour que cette proposition artistique se mesure à l’aune d’un des plus importants mouvements du XXe siècle.
"Prometteur", remarquait un spectateur à l’œil aguerri. Certainement : quelques intentions à préciser, à affiner, et l’ensemble nous rappellera les vertiges artistiques des amis de Breton. II - Manon Ona

Ciel 400 kilo
Christophe Le Goff (ci-dessus) et Matthieu Cottin. (Photos Mona / CdlP)




Danse

Ciel-400-Kilo

Le Goff et Cie / Cie Process.
Chorégraphie et interprétation : Matthieu Cottin
et Christophe Le Goff.


Les 25, 28 et 29 janvier à 20h30, les 26 et 27 janvier à 18h.
Le Vent des Signes, 6 impasse de Varsovie à Toulouse.
Tarifs 10 et 13 €. Réservations au 05 61 42 10 70.
www.leventdessignes.com
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Ciel 400 kilo