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La rencontre insolite

Avec Cathon Cataix, le théâtre du Grand Rond
invite jeux de langue et blues à bretelles
à prendre un apéro fort en plaisir.

Les vacances terminées, dure se fait ressentir la reprise des diverses activités. Et pourtant, tandis que les fourmis rêvassent encore de leur château de sable, les espiègles cigales, quant à elles, n’ont point stoppé leur soif de divertir par quelques magies musicales. En cette rentrée, nous sommes heureux de retrouver les éternels apéros spectacles du théâtre du Grand Rond qui, pour ses premières représentations de la saison 2009-2010, a choisi un duo chansonnier tout à fait particulier : Cathon Cataix.
Cathon Cataix serait, sans le fruit du hasard, le fruit de nulle part puisque cet homme et cette femme se sont rencontrés à la suite d'une commande du festival Des Croches et la Lune pour la création d’un répertoire, à entendre en promenade, mêlant ainsi nature et art musical. La rencontre perdure maintenant depuis plus de six années, donnant naissance à deux albums : "Des fourmis dans la tête" et "Demain l’audace". Cette semaine au Grand Rond, Cathon & Cataix, comme à leur habitude, se contentent de peu pour donner le maximum. Deux accordéons, deux chaises, deux voix et pas un seul bâillement dans le public.


Cathon Cataix


Météorologie de la baleine
A capella rendant hommage aux arbres, tango chaleureux, baleine ciel bleu, les textes sont d’une rare finesse jouant avec les allitérations – alléluia pour l'aloyau – la poésie du commun et de l'inattendu. "Trop plein d’objets saturent nos langues", "On se plaint de la vie, on se remplit l’oral, moralité, on se tait". Le rôle des cigales ne serait-il pas celui de faire ressentir la vie aux fourmis ? Mais trêve de mélancolie car Cathon comme Cataix peuvent aussi s’adonner au "racisme primaire" d’un chauvinisme certain. Ironie sur fond de valse, il paraît que Paris est bien plus beautiful qu’Istanbul (et bien moins que Toulouse).
Mais l’humour du duo ne s’arrête pas en si bon chemin, agrémenté d'un talent théâtral certain et d'un soupçon d’ingéniosité – qui aurait pu imaginer faire une chanson sur la météo marine de France Inter, ou bien encore une chanson "égoïste à partager" jouant sur les syllabes "je" et "moi". Belle partie de plaisir pour un public aux zygomatiques excités que Cataix (le lui du duo), n'hésite pas à asticoter.
La magie de ce duo doit son charme à l’intention des regards, à sa présence corporelle autant qu'à sa qualité musicale, n'hésitant pas à travestir quelques lignes blues ou même rock des flonflons du piano à bretelles. A l'instrument près, John Lee Hooker y reconnaîtrait presque son "Boogie Chillen" – de quoi donner des envies de "how how how how".... Un pas de deux diversifié, énergique, mature dans sa création et sa mise en scène. Un troisième album est en cours, mais en attendant Cathon Cataix se produira jusqu’à samedi au théâtre du Grand Rond. A voir, à entendre etc. II

Quentin Daniel

Cathon Cataix
Cataix, Cathon, le catech' du 'cordéon. (Photos Djeyo / Le Clou dans la Planche)











Chanson
Cathon Cataix
De et avec Cathon et Cataix.
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Cathon Cataix