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Le conteur d’histoires

Semaine nouvelle, autre personnalité et forte
quand le Bijou ouvre sa scène à Batlik, conteur sensible
et ignorant des chichis.

Après avoir écumé les petits bars parisiens, les scènes vides, et connu le doute artistique qu’il met aujourd'hui en chanson, Batlik a réussi à imposer sa personnalité musicale sur la scène française. C’est au Bijou qu’il se produit toute la semaine en compagnie de ses deux acolytes multi-instrumentistes, Jean-Marc Pelatan (clarinette, basse, guitare) et Nicolas Bûche (trompette, bugle, clavier) – sous les regards une nouvelle fois admiratifs d’une salle une nouvelle fois surchargée, tant la programmation de Philippe Pagès vise haut et frappe fort ces dernières semaines.

Un gars symp, un bon Français
Batlik est un gars sympa, simple, dénué des accoutrements de l’artiste avec un grand "A". Une entrée sur scène en silence, la première chanson débute. Les minutes passent et une flopé de références viennent aux oreilles. Un jeu de guitare percussif évoquant l’esthétique musicale d’Ani DiFranco, une voix se rapprochant du timbre d’Anis. Mais se fier aux apparences est une erreur, car la singularité et la présence de cet homme apparaissent au final comme très personnelles.
"Qu’est ce qu’un bon Français ?" L’histoire d’un autostoppeur chauvin et raciste fait suite au manque d’amour charnel. Ses textes exposent ainsi des idées engagées sur la justice, l’immigration, le monopole de la production musicale avec une touche directe dans les mots, mais en ayant cette qualité d’amener les sujets avec subtilité, par une image forte, poétique ou ironique. L’ironie est d’ailleurs l’un de ses points forts. Alors que le début du concert pourrait faire passer le personnage comme glacial, il arrive à créer en peu de temps un contact chaleureux avec le public.

Batlik

Le bon public
"Qu’est ce qu’un bon public ?" Des anecdotes hilarantes à propos de ses débuts, sur les types de publics rencontrés, notamment les concerts où les gens, portables en main, le prennent en photo "avec une tête de cul" ; on lui tapoterait bien dans le dos. Batlik joue sur l’autodérision et fait de ses erreurs et fausses notes un partage amusant. Mais d’un autre côté, le vibrato de sa voix détrône les émotions faciles et, d’une chanson à l’autre, transporte tristement sur l’écoute attentive de vérités fâcheuses.
Tous les âges s’y retrouvent et les rires sont constants. Comme sont constantes les qualités musicales de ce trio dont les mélodies et les accompagnements vont à l’essentiel, mettant en avant la diction syncopée du chanteur, le sens des mots.
Un spectacle, un album. Ce sera le quatrième en quatre ans et même si, sur scène, le nombre conséquent de textes lui fait parfois oublier certains couplets, son amour de l’écriture n’a pas l’air de se tarir. Batlik est un conteur, ses histoires d’amours échappent aux clichés rebattus par la chanson et traduisent le cru par pure poésie, la hargne par une douceur cinglante. Batlik donne à entendre une fraîcheur musicale et littéraire qu’il serait dommage de rater. II

Quentin Daniel

Batlik
Batlik et, en bas, Jean-Marc Pelatan. (Photos C@ctus, Toine et DR)






















Chanson
Batlik
Batlik (chant, guitare), Jean-Marc Pelatan (basse, clarinette, guitare) et Nicolas Bûche (trompette, bugle, clavier).
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Jean-Marc Pelatan